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Cesym on the sea
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28 septembre 2014

La Corogne - Madère (journal de bord)

Retranscription du journal de bord - Les photos suivront!

 

21/9/14

Nous avons quitté La Corogne dimanche à 12h; nous n'étions pas les seuls à vouloir profiter de cette fenêtre météo. Un départ sous le soleil (quasiment les seuls rayons de notre séjour en Espagne) et avec une mer plutôt agréable. Le vent souffle, nous mettons les voiles et reprenons le voyage là où nous l'avions laissé 8 jours plus tôt.

Quelques grands dauphins nous rejoignent pour partager un petit bout de chemin. Ils sont beaucoup plus gros que tous ceux que nous avions vu jusqu'à présent et leurs mouvements sont moins gracieux. Mais ils nous font une belle démonstration de sauts, à quelques mètres seulement de nous !

En fin de journée le vent forcit et les vagues deviennent de plus en plus grosses. Nous sommes un peu secoués. Mayeul est le premier à être malade. Le moral des troupes est de nouveau en berne. A 19h, Salomé a préféré partir se réfugier dans sa cabine. Ysaline quant à elle ne veut pas s'éloigner de nous.

Nous nous préparons à une nuit agitée ; Cyril et Camille préparent la voile en installant 1 ris...

 

Dans ces conditions, l'arrivée de la nuit est très angoissante. De plus nous allons traverser le DST et risquons donc de ne pas être seuls en mer. C'est là, au milieu de cet océan que nous réalisons à quel point nos vies sont d'ordinaires bien rangées. Nous ne vivons pas avec une notion de risque ou de danger permanent. Ou bien alors nous y sommes tellement habitués que nous ne voyons plus cela comme des risques potentiels. Mais là, quand la nuit tombe, je ne peux qu'être inquiète à l'idée de ce qui va se passer cette nuit. Cyril et moi évitons bien soigneusement de nous regarder ; nous ne sommes pas encore capables de nous encourager mutuellement et restons alors murés dans nos silences et nos réflexions.

Bon il faut tout de même relativiser. Nous ne sommes pas en train de passer la Cap Horn. Mais le vent qui s’engouffre dans nos voiles et les vagues qui se déchaînent sous le bateau suffisent à nous faire prendre conscience de la puissance des éléments autour de nous.

A l'approche de la nuit, je me surprends à me demander pourquoi nous sommes là ? Qu'avons nous à nous prouver pour avoir besoin de nous mettre ainsi en danger ? La vie n'est-elle pas déjà un enjeu en soi que nous ayons eu besoin de rajouter tout cela ?

A 21h, Cyril prend le premier quart et je pars me coucher.

A l'avant c'est assez impressionnant. Le bateau est secoué, il craque, des longs sons graves, pareils à des plaintes. L'eau gicle de tous les cotés. Nous savons le bateau solide et résistant mais c'est autre chose que de le voir lutter ainsi avec ce que nous avons de plus précieux à son bord. Je n'ai pas réussi à dormir pendant ces 4 heures.

 

22/9/14

Des vents de 25 nœuds, de belles vagues...

Il est difficile dans ces conditions de faire quoi que ce soit. J'alterne jeux de devinettes, tables de multiplication, baccalauréat et conjugaison pour occuper les filles. C'est bizarre tout ce temps. Nous qui courons toujours après le temps, là nous en avons tellement que nous sommes un peu démunis.

Les quarts de nuit sont assez intéressants. Lorsque nous apercevons les feux d'autres navires, commence une réflexion qui pourrait sembler venue d'un autre monde aux automobilistes. Le navire s'approche-t-il de moi ? Nos routes convergent-elles ? Et si oui, y a t-il risque de collision ? Dans ce cas, dois-je modifier ma route ? Toute cette réflexion s'étire sur plusieurs demi-heures, au rythme de relèvements de position, à une vitesse avoisinant les 7 nœuds quand on va vite (14km/h)...Ça fait un peu pépère dit comme cela, mais en mer, sans possibilité de freiner et avec l'obligation de tenir compte du sens du vent et du réglage des voiles, c'est tout de suite un peu moins facile!

23/9/14

Temps maussade aujourd'hui.

Nous avons toujours des vents de plus de 20 nœuds. Après 2 jours à zigzaguer autour de notre route, nous avons enfin pu nous placer sur une route directe pour Madère. Exercice pratique de la journée : « tangonner » le Génois. Vent arrière, nous avons ainsi pu mettre les voiles en ciseaux afin d'espérer un peu plus de stabilité... Tout est relatif !

Néanmoins les filles ont pu faire 1h30 de mathématiques. Dans ces conditions, on ne s'est pas attaqué à une matière nécessitant de s'appliquer sur l'écriture ! J'espère que le travail oral aura autant de vertus que l'écrit .

Depuis hier Cyril est de nouveau malade. Le problème est que ça ne ressemble pas au mal de mer que nous avons tous connu durant les premières journées. Il ne cesse de vomir, ne peut rien avaler et est du coup complètement affaiblit... Je suis donc seule à gérer les enfants, tout cela avec les quarts de nuit et la surveillance de jour. Encore une fois heureusement que Camille est là...

Alors, encore une fois, le doute m'assaille. Comment envisager la suite du voyage dans ces conditions ? Bizarrement Cyril a déjà navigué mais il n'a jamais été aussi malade. Mais au rythme où je le vois fondre et s'affaiblir, je suis inquiète. Et s'il ne parvenait pas à s'amariner ?

Nous avons construit un projet qui repose entièrement sur les déplacements en bateau. Sans ce moyen de transport nous n'aurions jamais pu entreprendre un tel périple... Mais si l'un de nous ne le supporte pas, comment faire ?

L'angoisse est la transatlantique. L'essentiel de nos escales se trouve de l'autre coté de cet océan et il y a cette étape incontournable...mais qui aujourd'hui me semble juste inenvisageable.

Nous n'allons tout de même pas passer 1 an à Madère et aux Canaries (bien que les destinations soient déjà en elles idylliques).

Allons- nous devoir renoncer ?

Là, tout de suite j'aimerais juste que quelqu'un prenne notre bateau et nous l'emmène aux Antilles !! Mais au grand regret de Salomé, personne n'a encore inventé le « téléportateur »...   Et là, tout de suite, j'ai juste envie de pleurer ma colère et d'appeler quelqu'un qui pourrait me consoler et m'encourager. Mais je suis au milieu de l'océan et personne ne peut nous venir en aide.

 

24/9/14

Hier soir, Ysaline, qui depuis que nous naviguons ne veut pas s'endormir seule, a commencé le quart de 21h avec moi ; emmitouflée en haut des marches du carré elle s'est laissée bercer avant de tranquillement s'endormir. C'est agréable cette sensation d'être toutes les 2 dans la nuit tombante. Pas besoin de mots, juste un moment en communion...

Peu de temps avant notre départ un ami très sage (merci Bruno!) nous avait conseillé de ne jamais remettre en cause dans la « nuit » des choses décidées quand tout allait bien...

J'ai beaucoup médité cette phrase cette nuit pendant mon quart !

 

25/9/14

Hier soir c'est avec Salomé et Ysaline que j'ai pris le premier quart : 1h de papotage entre filles, bien agréable ! Elles ont attendu la nuit pour admirer les ciel étoilé et ont pu s 'émerveiller devant le scintillement du plancton dans l’étrave du bateau « on dirait des étoiles dans la mer » .

Aujourd'hui le vent et les vagues se sont calmés. Nous avançons du coup bien moins vite mais tout le monde apprécie de pouvoir être un peu plus tranquilles.

Cyril quant à lui ne parvient toujours pas à refaire surface. Je ne sais pas combien de kilos il a laissé en route mais il fait peine à voir...

Les journées en mer se suivent et se mélangent. Une sorte de langueur s'installe. Nous nous occupons entre l'école, la lecture, la préparation des repas (épique et sportive), les temps de repos nécessaires avec les quarts de nuit. Les filles font des bracelets loom, des bracelets brésiliens, jouent aux devinettes, s'inventent des histoires... Mayeul s'occupe avec ses bonhommes patates (merci Lydie) et s'est pris de passions pour les perles en bois à enfiler sur un lacet. Il est plutôt sympa car il passe parfois 1 heure à jouer tranquillement dans notre cabine. Mais il redouble de besoins de câlins en ces temps difficiles.

En bref on tourne un peu comme des lions en cage mais on s'occupe !!

Camille a initié Salomé à la surveillance de l'AIS sur l'ordinateur, couplée à la surveillance de l'horizon. On parle milles nautiques, nœuds, on fait des conversions pour savoir quand nous arriverons à Madère. Encore 207 milles et nous allons bientôt devoir passer au moteur.

 

26/9/14

Mer belle, grand soleil.

Aujourd'hui Camille a fait faire aux filles à un jeu très sympa : décrire ses émotions face à la mer. Voilà mes 2 minettes écrivant en détail ce qu'elles ressentent au cours de ce voyage. Je n'ai pas eu le droit de lire leur prose ! Ysaline s'est excusée d'avoir fait des fautes !!

 

17h, nous apercevons Madère. Un grand soulagement après ces 6 jours en mer.
A ce moment nous sommes rejoints par un grand groupe de dauphins tachetés (un espèce que nous n'avions pas encore vue). Ils sont plusieurs dizaines et commencent un jeu de course poursuite et de joyeux sauts autour du bateau. Nous allons nous installer à la proue du bateau pour mieux les admirer. L'eau est tellement claire que nous les voyons zigzaguer sous l'eau. Il y a même des petits !

Les filles s'installent sur le balcon à la pointe du bateau, elles pourraient presque les toucher, certains dauphins vienne sauter juste à coté pour les éclabousser. Mayeul regarde ce spectacle un peu incertain ; mais il se réjouit de l’excitation générale !

Ils restent avec nous près d'1 heure. Un merveilleux moment pour nous tous.

Nous sentons que nous avons fait route vers le sud. L'air se réchauffe agréablement.

Nous avons hâte désormais de toucher terre. Je suis inquiète pour Cyril et j'aimerais qu'il puisse voir un médecin rapidement. Qu'importe la suite des événements, aucune décision ne sera prise avant qu'il n'aille mieux.

 

27/9/14

Nous sommes arrivés ce matin vers 4h30 à Madère. L'arrivée de nuit fut tout simplement magique.

Après être passés sous les falaises, l'arrivée sur la cote sud était presque irréelle. Une colline en pente douce, des petits points lumineux dispersés des sommets jusqu'à la mer... Tout était très calme, presque feutré. Dans le bateau, mari et enfants dormaient paisiblement.

Arrivés au port de Funchal, nous avons été accueillis par le gardien du port qui nous a aidé à nous amarrer. Après quelques minutes il nous a fait comprendre de dormir paisiblement, nous promettant de veiller sur les amarres... Que demander de plus après ces 6 jours de navigation ?

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Commentaires
F
Votre aventure nous captive, nous fait rêver, nous tient en haleine après 6 jours sans message....et force le respect !<br /> <br /> Nous sommes convaincus que les bons conseils de ces commentaires vous aideront, vous feront faire les bons choix et vous feront vivre pleinement votre projet, votre Aventure...<br /> <br /> Que les bons vents soient avec vous et vos enfants,<br /> <br /> Bonne santé à tous<br /> <br /> Francis et Patricia Paillard Buatois
M
Bonjour à tout l'équipage de Cesym !<br /> <br /> <br /> <br /> Je pense que vous n'avez pas eu mes premiers messages, car j'ai dû mal me débrouiller.<br /> <br /> Didier et moi sommes très triste de voir que Cyril ne peut profiter de votre aventure.<br /> <br /> Le stress certainement. Il faut qu'il ait confiance, tout va bien, Toute la famille a l'air de bien se porter et d'apprécier la navigation.<br /> <br /> Lors d'un premier message, je vous conseillais le Scopoderm, c'est très efficace. J'ai lu message de Captain Bibi. Je suis tout à fait d'accord avec lui. C'est ce qu'il y a de mieux. Je l'utilise depuis des années.<br /> <br /> Didier et moi apprécions vos textes qui nous font rêver. Et c'est formidable de vivre cette expérience avec vos enfants. Soyez rassurés, CESYM est un bon bateau, il vous emmènera loin. Nous y avons vécu tant de bons moments dans le golfe de Gascogne et à Madère.<br /> <br /> Affectueusement<br /> <br /> Marie-Annick et Didier
E
Cyrille s en remet ?
E
Bonjour, <br /> <br /> je suis votre très bon blog depuis le début et je suis triste pour vous. Le mal de mer est horrible et risque de vous décourager. Marin professionnel et plaisancier, je vous encourage fortement à prendre de la Nautamine. Oui, je sais : ça endort, mais ça a le mérite de rendre opérationnel. Mon secret : avant chaque sortie en mer, même par beau temps, je préfère prendre un cachet au moins 2h avant le départ. Au bout de 3h, il faut que je lutte contre le sommeil mais avec une bonne cafetière c'est toujours mieux que la tête dans le seau. Si la mer est mauvaise, je reprends un cachet au bout de 6h. Si la mer est belle, je ne reprends rien mais au premier signe de nausée j'en prends un. Au bout de 12h, mon organisme supporte tout et je peux affronter une mer énorme alors que les autres sont complètement HS. <br /> <br /> Croyez-moi, certaines personnes ne se feront jamais au mal de mer, mais il est tout à fait possible d'y remédier.<br /> <br /> Je navigue sous de hautes latitudes depuis un mois, affronte des mers assez fortes sur un bateau rouleur : je n'ai pris que 6 cachets depuis le départ, mais je ne me suis jamais senti mal. Le tout est de prendre le cachet au bon moment et surtout de ne pas le prendre une fois malade. <br /> <br /> Tenez-moi au courant et profitez à 100%. Vous allez vivre le rêve d’énormément de marins. On ne se souvient que des bons moments. <br /> <br /> Matthieu.
C
Coucou comment allez vous? Combien de temps restez vous à madère ? Cyryl a t'il contacté un médecin? Profitez bien de votre séjour ..parait-il que madère est un endroit magnifique...vivement les photos!! Encore bravo pour tes récits! Reposez vous bien et donnez vite de vos news!! Bizzzzzz
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